Une étude récente, publiée dans le Journal Investigative Dermatology, interroge le caractère indispensable du déodorant.
Certain des sujets observés possèdent une version particulière d’un gène, ce qui a pour conséquence de supprimer l’odeur normalement présente sous les aisselles.
L’étude a cependant montré que la plupart de ces personnes mettaient tout de même du déodorant. Alors, quelle est l’utilité réelle du déodorant ?
Des sujets aux aisselles inodores
L’étude réalisée porte sur un échantillon de 6 495 femmes. Les recherches ont montré que 117 femmes sur les 6 495, soit environ 2% de l’échantillon, portaient une version rare d’un gène (ABCC11) entraînant l’absence d’odeurs sous les aisselles :
- La transpiration est produite par les glandes sudoripares et rencontre des bactéries au niveau de la peau.
- La rencontre entre transpiration et bactéries produit, chez la plupart des gens, une transpiration odorante.
- Or, la production de cette odeur dépend de l’existence du gène ABCC11 actif.
- Ce gène est inactif chez certaines personnes, ce qui entraîne l’absence d’odeurs désagréables.
Utilisation de déodorant : pas forcément liée aux odeurs
À l’issue de l’étude, il apparaît que certaines personnes utilisent un déodorant même si elles n’en ont pas besoin :
- Seules 5 % des personnes qui produisent une odeur des aisselles n’utilisent pas de déodorant.
- En revanche, 78 % des personnes possédant le gène précédemment cité, utilisent un déodorant presque tous les jours de la semaine.
- Ces résultats tendent à prouver que le recours au déodorant est davantage un réflexe lié au contexte socioculturel des individus qu’un geste hygiénique.
Le déodorant : utile ou simple norme socioculturelle ?
La recherche effectuée a permis de montrer l’importance des normes socioculturelles dans l’utilisation de déodorant :
- Il apparaît en effet que les individus étudiés utilisent des déodorants sans savoir s’ils en besoin ou pas.
- Ils le font donc uniquement parce que la plupart des individus en utilisent.
- Un tel constat n’est pas anodin, puisque la plupart des déodorants contiennent des éléments nocifs, voire cancérigènes.
Alors, déodorant ou pas ? Il serait un peu excessif de procéder à un test génétique pour le savoir. Toutefois :
- Les scientifiques ont trouvé une corrélation entre l’inaction du gène ABCC11, et la présence d’un cérumen sec (plutôt que collant) dans les oreilles.
- En tous les cas, il vous suffit de sentir vos aisselles pour évaluer votre besoin en déodorant. Si vous ne constatez pas d’odeur forte et gênante, vous n’en avez pas besoin !
Réduire ses odeurs de transpiration :
- Pour en savoir plus sur la cause des odeurs de transpiration, voir notre page Odeurs de transpiration.
- Il existe des déodorants naturels, moins nocifs que ceux qu’on trouve dans le commerce. Si vous êtes gêné par vos odeurs de transpiration, privilégiez-les !
- En parfumant vos aisselles pour marquer les odeurs, le déodorant traite le symptôme, pas la cause. Prenez le problème à sa source ! Consultez notre fiche pratique Lutter contre la transpiration des aisselles.